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Logiciel genealogie Geneatique

« Je m’étais dit qu’il faudrait bien une fois essayer d’évoquer le passé d’une famille, ou plutôt d’un groupe, sans larme au coin de l’œil, sans condescendance amusée cachant ça et là, les bouffées de vanité des familles, sans récriminations, embarras ou exaspération non plus. Rien que ce qu’on sait, mais tout ce qu’on sait, et le courage de mettre les points d’interrogation quand on ne sait pas…C’était une passionnante expérience humaine à tenter » (lettre de Marguerite Yourcenar à Claude Gallimard (18 février 1977) ; citée par M. Goslar in M. Yourcenar « Qu’il eut été fade d’être heureux », Editions Racine / Académie royale de Langue et Littérature françaises  1998, p.279

 

C'est un délicat travail d'introspection familiale. J'ai pris conscience, dès mon adolescence que j'avais besoin de savoir que j'appartenais à une lignée, à une terre, à des paysages et à une histoire commune millénaire dont je suis issu.

J'avais 15 ans, mes parents voulaient connaitre les métiers de leurs ancêtres, alors j'ai commencé à réunir les photographies, les vieux papiers, les anecdotes. Était-ce aussi pour moi une façon d'approcher la mort à travers celle de tous nos ancêtres, de la conjurer, de jouer avec elle?

Je l'avais côtoyée quelques années plus tôt ; elle ne me faisait pas peur, à travers l'espoir et la joie, un jour, peut être, de revoir tous ceux que j'ai refait vivre un instant en écrivant leurs dates de naissance, de mariage et de décès et en racontant leur histoire.

 

Comme Marguerite Yourcenar, dont je me sens si proche,et que j'admire tant par sa culture et son érudition, qui déclare se méfier des "bouffées de vanités des familles", "des prestiges toujours un peu douteux des blasons et des titres", et qui doute des vertus de la généalogie, "science si souvent mise au service de la vanité humaine", j'ai essayé de comprendre l'histoire de mes ancêtres pour tenter d'observer leurs "intéressantes fissures", comme à travers l'objectif d'un microscope..

  « Cette famille, ou plutôt ces familles, dont l’enchevêtrement constitue ma lignée paternelle et ma lignée maternelle, je vais donc essayer des prendre avec elles mes distances, de les remettre à leur place, qui est petite, dans l’immensité du temps ». (Marguerite Yourcenar, Archives du Nord, Essais et mémoires, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1991, page 954.

Parmi ces dizaines d'aïeux, la plupart ne sont que des silhouettes lointaines perdues à l'horizon de ces paysages qui constituent notre France mais aussi, puisque nous sommes liés à nos "ennemis" britanniques, à ceux des régions du bord de la Tamise et du sud -est de l'Angleterre.Puisque, paradoxalement le point de départ n'est pas le plus lointain de mes ancêtres mais le plus récent, c'est à dire moi, il faudra bien que je parle de moi, même si ce n'est pas l'exercice qui me plait le mieux, tant j'ai toujours pensé que les autres valaient bien plus que moi. 

 

« L’être que j’appelle moi vint au monde un certain mardi 4 mai 1954, vers les 6 heures du matin, à Saint Maur des fossés, et naissait d’un Français appartenant à une vieille famille de Bourbourg dans le  Nord (et qui l’ignorait probablement) et qui descendait de familles de marins de nos côtes de la Mer du Nord et  de la Manche, et d’une Française dont les ascendants venaient, qui de Denain, qui de la Somme avant de s’être installés dans le Vexin français. La maison aménagée en clinique (la clinique de la cigogne car tel était son nom) où se passait cet événement, puisque toute naissance en est un pour le père et pour la mère et quelques personnes 

qui leur tiennent de près, se trouvait rue Reiter à Saint Maur, à

quelques centaines de mètres de l’appartement ou je vécu jusqu’à l’âge de 9 ans, rue Emile Zola.

Ayant ainsi consigné ces quelques faits qui ne signifient rien par eux-mêmes, et qui, cependant, et pour chacun de nous, mènent plus loin que notre propre histoire et même que l’histoire tout court, je m’arrête, pris de vertige devant l’inextricable enchevêtrement d’incidents et de circonstances qui plus ou moins nous déterminent tous. Cet enfant du sexe masculin, déjà pris dans les coordonnées de l’ère chrétienne et de l’Europe du milieu du XXème siècle, ce bout de chair rose pleurant dans un berceau, m’oblige à me poser une série de questions d’autant plus redoutables qu’elles me paraissent banales, et qu’un littérateur qui connait bien son métier se garde bien de formuler. Que cet enfant soi moi, je n’en puis douter sans douter de tout. Néanmoins, pour triompher en partie du sentiment d’irréalité que me donne cette identification, je suis forcé, tout comme je le serais pour un personnage historique que j’aurais tenté de recréer, de m’accrocher à des bribes de souvenirs reçus de seconde ou de dixième main, à des informations tirées de bout de lettres ou de feuillets ou de calepins qu’on a négligé de jeter au panier, et que notre avidité de savoir pressure au-delà de ce qu’ils peuvent donner, ou d’aller compulser dans les mairies ou chez des notaires des pièces authentiques dont le jargon administratif et égal élimine tout contenu humain. Je n’ignore pas que tout cela est faux  ou vague comme tout ce qui a été réinterprété par la mémoire de trop d’individus différents, plat comme ce qu’on écrit sur la ligne pointillée d’une demande de passeport, niais comme les anecdotes qu’on se transmet en famille, rongé par ce qui entre temps s’est amassé en nous comme une pierre par le lichen ou du métal par la rouille. Ces bribes de faits crus connus sont cependant entre cet enfant et moi la seule passerelle viable ; ils sont aussi la seule bouée qui nous soutient tous deux sur la mer du temps. C’est avec curiosité que je me mets ici à les rejointoyer pour voir ce que va donner leur assemblage : l’image d’une personne et de quelques autres, d’un milieu, d’un site, ou, ça et là, une échappée momentanée sur ce qui est sans non et sans forme."(1)


"Ne nous méprenons pas sur le sens de cette quête de l’histoire familiale. Certains croient y déceler des signes de crainte  et de repli. J’y vois pour ma part une marque de confiance et la conviction qu’en des temps d’incertitude, il faut puiser dans les lumières du passé l’énergie nécessaire aux combats du présent. Et puis, il y a le désir du bonheur de vivre. Marguerite Yourcenar écrivait : « Quand on aime la vie, on aime le passé parce c’est le présent tel qu’il a survécu dans la mémoire humaine.

En servant cette mémoire on sert la vie. C’est pourquoi il faut poursuivre la sauvegarde de la mémoire.

Rencontrer notre héritage, communier avec ce qui a fait l’essence d’un peuple, articuler l’histoire accomplie avec l’histoire à faire, nourrir le sentiment de partager les valeurs et l’ambition qui ont forgé les plus hautes œuvres de la nation, est une noble tache.(2) 

(1) Texte adapté de l’introduction des « Souvenirs Pieux, le labyrinthe du monde tome 1 » de Marguerite Yourcenar, dont l’un des ancêtres fut aussi le témoin de mariage à la naissance de l’un des nôtres !

 (2) François Mitterrand, préface au Connaissance des arts, hors série n°58, consacré au château de Cormatin, en Bourgogne).

 


"VANITAS VANITATUM OMNIA VANITAS"

"VANITES DES VANITES TOUT EST VANITE"

 

Vanités de Philippe de Champaigne  Milieu du XVIIème siècle, Musée de Tessé, Le Mans.

  

C’est de cette citation de l’Ecclésiaste que ces tableaux tirent leur conception et leur titre.

Les vanités illustrent, de façon symbolique, le thème philosophique de l’impermanence de l’homme. Ce sont des natures mortes, des allégories ou encore des images de saints qui représentent l’inéluctabilité de la mort, la futilité des plaisirs ou encore la fragilité des biens terrestres. Elles dénoncent également la relativité de la connaissance et la vanité du genre humain. Ce sont des œuvres à haute valeur morale. Ces "memento mori" ("Souviens toi que tu vas mourir") sont donc présents dans la représentation des activités humaines tels que le savoir ou la science mais aussi à travers des figurations du plaisir, de la beauté et de la richesse.