Cette étude des EVRARD de Mardyck, Fort Mardyck et Petite Synthe de Gravelines et d’Oye sera difficilement menée à terme tant ce patronyme est fréquent dans le milieu maritime entre Calais et Dunkerque. On se reportera à l’introduction de l’étude LAMOUR (ci dessus) de notre généalogie pour mieux comprendre le contexte local dans lequel on pu vivre nos ancêtres.

 

Du nom germanique Eberhard, de eber-hard = sanglier – fort, ce patronyme déjà recensé à Calais au XIIIème siècle et à Boulogne en 1416 (EVERARD, EVERART) est attesté chez les marins de waldam et de Calais en 1682. Antoine EVRARD épouse avant 1612 Guillemette BEUVRY. Jean EVRARD épouse vers 1650 Marie MOREL. Jean EVRARD, matelot pescheur, épouse en 1739 à Oye, Marie Jeanne DURIEZ. Le 16 septembre 1748, dispense de l’empêchement au mariage de Jacques EVRARD et de Catherine AGNERAI, tous deux de la paroisse de Marck qui stipule …. « que la profession de matelots pescheurs qu’ils excercent ne leurs permet pas d’épouser aisément D’autres gens que de leur cantons a cause que les filles sont stilées des leur enfance au travail de leurs filets et trafic de poissons, et que d’autres ne peuvent point le faire ni s’accoutumer a ce penible emploi, non plus qu’a leur façon de vivre qui est toute singulière…ils ne vivent que du travail de leur peches, n’aiant D’autre ressource que ce qu’ils peuvent y gagner chaque jou, outre le long tems que dure la guerre qui les empechant d’aller en mer les a reduit dans une misere extreme, lequel objet de guerre est un motif pressant pour demander a se marier ensemble a cause du nombre de matelots qui ont peri, ce qui en fait la rareté présente ». Un Marcel EVRARD du quartier de Calais est cité aide-cannonier à bord du « Vaillant » pendant la guerre d’Amérique. Huit EVRARD ont disparu en mer.

 

Les EVRARD font partie des quatre premières familles de la Concession de Fort Mardyck (voir l’étude sur les CARRU, LAMOUR, et GENS pour connaître l’origine de cette concession) et seraient, bien qu’il n’y ai pas d’éléments de preuve (et cette origine de Cucq est très contestée et contestable), originaires de Cucq dans le Pas de Calais. Ils vivent à Marck en Calaisis où ils sont représentés par de nombreuses familles depuis le début du XVIIème siècle (vers 1610 – 1620).

 

Nous retrouvons leurs trace pour les plus anciens à Marck en 1611 à la naissance d’Antoine fils de Pierre EVRARD et de Guillemette VILAIN, bien que rien ne l’indique si ce n’est une forte présomption on peut dire que la première naissance au hameau intervient vers 1696 pour ce qui nous concerne directement, date à laquelle serait né Nicolas EVRARD qui décédera par ailleurs en 1744 sur la partie administrativement géré par Grande Synthe fils de pierre EVRARD et de BOUCHARD Catherine, petit fils de Antoine EVRARD et de Charlotte BOUCHARD, fils du couple EVARD-BEUNERY, toutefois la présence d’une naissance nous est connu. En effet : Antoine cité ci-dessus à une sœur Guillemette EVRARD qui se mariera avec Jacques GENS à Marck en 1671 et qui auront une fille, GENS Marie Madeleine qui naîtra en 1690 à Petite Synthe.

Plusieurs de ces familles sont arrivées dans la concession de Fort Mardyck entre 1680 et 1695. Tous les EVRARD ou EVERARD de la commune de Fort Mardyck (et ils sont nombreux) descendent de Pierre EVRARD, qui épouse vers 1695 Catherine BOUCHARD.

 

Ce n’est apparemment qu’après la reconstruction du chenal de Gravelines en 1740 que certains membres de la famille GENS se sont installés sur Grand Fort Philippe.

 

« La navigation, limitée pendant des années aux barques de pêcheurs, put s’intensifier. 1740 marque une renaissance de l’activité commerciale et une amélioration des conditions de vie à Gravelines. Avec le creusement du chenal et le comblement de l’ancien cours de l’Aa, les marins des huttes ne sachant plus par où passer pour aller à la mer, se sont installés sur la côte à Grand Fort. Ils avaient ainsi le vent dans le dos et leurs bateaux étaient abrités. Il ne faut pourtant pas surestimer le déplacement de ces pêcheurs vers Grand-Fort, il semblerait même qu’il se soit fait tardivement après l’ouverture du canal » (<Gravelines, son chenal ses écluses, catalogue de l’exposition Gravelines en quête de mémoire présentée au musée de Gravelines du 28 septembre 2001 au 6 janvier 2002).

M. Jean LEMAIRE demeurant 7 rue Edouard Manet 59160 LOMME, M. Olivier et Me Véronique MILLOIS, 130 rue Faidherbe 59650 VILLENEUVE D’ASCQ, ont contribué par leurs travaux à cette généalogie.

 

Nous descendons au moins deux fois des EVRARD : par Guillemette EVRARD (1155) qui épouse le 19 janvier 1671 à Marck (62) Jacques GENS (1154) et par Pierre EVRARD (2334) qui épouse Sarah BRUXELLE (2335), dont Marie EVRARD, (1167) née probablement à Oye 62, qui décède en 1720 à Fort Mardyck ( 62 ) et épouse Anselme LAMOUR (1166) en 1674 à Oye ( 62 ), marin à Fort Mardyck en 1692. Il fut sans doute en 1656 maître du bateau « le Saint Grégoire » construit en 1684 et qui avait 4 hommes d’équipage (rôle de Waldam).