La famille GENS, est une famille de marin pêcheurs ou de matelots qui quittèrent le Calaisis pour s'établir vers 1700 sur la concession des Matelots Pêcheurs de Fort Mardyck (voir l’explication de l’origine de cette concession dans la généalogie LAMOUR) , après avoir quelques années passées à Marck.

 

Encore écrit GENCE, GENS et GENSSE : le g suivi d’un e se pronoçant comme un j, on pourrait penser que GENCE est une forme familière du nom de Saint Gentien. Or ce patronyme existe à Outreau au début du XVIIIème siècle sous la forme GUENSE ou de GUENZE donc avec un g dur. Dans ce cas F. DEBRABANDERE nous apprend que GENSE et GENS sont des formes familières et diminutives du nom germanique GERARD. Ce patronyme porté par des marins de Boulogne au XIXème. Jean Louis GENS, marin, né à Petite Synthe le 2 février 1791, fils de Jean GENS et de Marie Françoise BERMONT, tous deux décédés à Mardyck, épouse à Boulogne le 24 août 1814 Péronne HENIN, née à Boulogne le 9 septembre 1785, fille naturelle de Jeanne HENIN. Deux marins de ce nom ont péri en mer à Boulogne.

 

Le plus lointain ancêtre connu Mathieu GENS, (2308) né vers 1623 épouse Jeanne CARRU (2309). Si leurs quatre garçons ont laissé une nombreuse descendance sur tout le littoral, l’aîné, Jacques, né en 1647 a épousé Guillemette EVRARD, avant de venir s’établir avec ses six enfants sur le sol Fort Mardyckois entre 1690 et 1700.

 

Une branche s’est établie à Gravelines tandis qu’une autre (Jacques GENS en IV et sa descendance) s’établit à Grande Synthe et Petite Synthe, on en retrouve à Mardyck et de nombreuses familles sont retrouvées dans les actes à Gravelines au XIXème siècle.

 

Les JEANS sont issus des GENS : Joseph GENS (1785 – 1827), époux de Florentine LAMOUR, eut cinq enfants nés dans le hameau de Fort Mardyck (d’ou une lignée de GENS) et un autre garçon, né à Wimille (Pas de Calais ) en 1822, Jean Joseph JEANS dont est issue la lignée des JEANS.

 

On se reportera à l’étude des familles CARRU, LAMOUR et EVRARD (étude ci – dessous), familles qui sont tout au long des siècles étroitement imbriquées par de multiples alliances.

 

Les recherches sur Grande Synthe et Petite Synthe, ainsi que sur Mardyck et Fort Mardyck à la fin du XVIIIème et au XIXème siècle devront être poursuivies.

Il est à noter que le Recensement de Dunkerque de 1826 (1677 personnes recensées provisoirement par M. José

FICHAUX) ne mentionne aucun GENS.

 

Il conviendra également de mener des recherches sur Grand Fort Philippe et Petit Fort Philippe qui ne peuvent pas être dissociés de Gravelines. (Grand Fort Philippe doit son nom au Saint Patron des Rois d’Espagne qui régnèrent sur la Flandre du début du XVIème siècle au milieu du XVIIème. Après les travaux de détournement de l’Aa et du creusement d’un chenal reliant Gravelines à la mer en séparant le Fort Saint Philippe en deux rives en 1741, les populations vinrent s’y installer de part et d’autre. L’apport fut cependant plus important du coté ouest que l’on appelait alors Fort Saint Philippe Sud, d’où son nom ; Grand Fort Philippe. En 1884 cette commune qui était jusqu’alors un hameau de Gravelines obtint son indépendance. Maintenant (en 2001) peuplée de 6500 habitants, elle est toujours tournée vers son environnement maritime. Au XIXème siècle, la flotille de pêche avoisinait les deux cents unités, des écoles et l’église Notre-Dame de Grâce furent construites. A cette époque l’économie locale était essentiellement liée aux métiers de la pêche, avec les corderies, les ateliers de traitement du poisson, les saurisseries et , bien sûr, la construction navale dont le dernier chantier à Grand Fort Philippe fonctionna jusqu’en 1962. Trois sortes de pêche étaient pratiquées : la pêche côtière, la pêche hauturière et de 1830 à 1932, la pêche de la morue au large des côtes d’Islande après un essai concluant en 1814).