On ne peut pas aborder la généalogie de cette famille sans aller sur le site de Danny DELCAMBRE 

 

L'histoire de Denain est scindée par les historiens (A. JURENIL) en deux périodes : avant et après le 24 juillet 1712. Ce petit village de Denain, situé près de la vieille cité de Valenciennes où nos premiers rois eurent un palais, fut donc le théâtre d'un évènement dont les conséquences furent considérables : la paix en Europe en fut la conclusion.

La prise du camp retranché de Denain par Villars et par Montesquiou, le dimanche 24 juillet 1712, s'est faite en quelques heures : elle a été inattendue et foudroyante pour le Prince Eugène, qui se trouve dans l'impossibilité d'opérer un retour offensif, puisque les ponts sur l'Escaut sont brisés. L'armée française, après cette victoire qui doit éviter le douloureux démembrement de notre pays, est répartie en position de bataille dans cette région d'Ostrevant où les destinées de la Patrie ont été sauvegardées. Les relations militaires de l'époque font valoir que le quartier général de l'armée de France est à Denain, où logent six bataillons de Bretagne-Brest et de Miromesnil.

 

Vingt quatre bataillons divers sont répartis dans une douzaine de localités comprises depuis la ferme de Hurtebise jusqu'à Marquette-en-Ostrevant.

 

Nul historien n'a dit ce qu'était devenue la population du village de Denain - environ six cents habitants - pendant cette dramatique journée. Ni Villars ni ses officiers n'en font mention. Comme c'était un dimanche, peut-être se préparait-on pour la messe quand les premiers coups de feu retentirent dans la direction de Neuvile sur Escaut et de Lourches. Quand l'attaque du village commença vers midi, les habitants effrayés, devaient être partis depuis quelques heures déjà. Une note manuscrite - qui paraît être exacte - indique toutefois que la population s'était réfugiée à Haulchin. On se figure ce que pouvait être, vers 1712, cette localité ruinée de Denain, avec ses rues boueuses, ses chemins effondrés, ses deux églises délabrées, et ses maisons humides et basses, couvertes de chaumes et bâties de ci de là. Certains hameaux voisins étaient complètement détruits. Denain était loin d'être la ville industrielle qui, vers le milieu du XIXème siècle, fut appelée " la Cité des enfants ". L'examen des registres d'état civil, tenus par le clergé, fait voir qu'un véritable désarroi s'était produit lors de cette journée qui devait sauver la France. Rien n'y est écrit avant la date du 29 juillet. On peut presque conclure que si, du coté militaire, la bataille de Denain - qui fut la moins sanglante de nos victoires - coûta peu de soldats, il n'y a pas eut de victimes parmi la population civile. Le lundi 25 juillet, le chapelain du Très Noble Chapitre de Denain baptise Marie Josèphe SADIOLE, fille d'un soldat du régiment du Royal-Vaisseau ; mais cette inscription vient, sur le registre, après le 29 juillet ! M. BASQUIN, chapelain des Chanoinesses de Denain, semble donc être présent à son poste. A la date du 5 septembre, on note que le pasteur, M. PELLETIER, étant malade, le chapelain le remplace ; mais le 11 septembre, le curé est présent.

En somme, si l'on sen reportait aux seules indications du registre de Denain, on pourrait croire que rien de décisif ni d'important ne s'était passé dans le village à qui cette journée du 24 juillet conférait cependant un renom immortel.

(Louis XVI n'écrivit-il pas sur son carnet l'observation suivante : " Mardy 14 juillet, rien "?).

 

Le 29 juillet, le chapelain a inscrit la naissance de la fille légitime d'un soldat du " régiment du Royal-Vaisseau , dans la compagnie de M. d'HAINAUT ". Le parrain est un soldat du même régiment. Quelques vagues indications sur la présence de troupes dans la région sont donc ainsi données par le livre de l'Eglise Saint-Martin. On voit aussi mentionné, une semaine avant la bataille, le décès d'un soldat hollandais, cavalier de la compagnie de M. PASCHAL. Ce sera seulement en 1715 que le curé, M. PELLETIER, - plus rassuré sur un retour possible des alliés ! - se décidera a donner, sur le registre de l'état-civil, une brève, sincère et naïve relation de la victoire de Denain.

Le curé de Denain, dit, dans sa page rétrospective du registre des naissances et décès que Denain n'a été " délivré qu'en 1713 de la tyrannie des troupes ". Les soldats de Villars manquaient évidement de tout et devaient se montrer exigeants dans un village également appauvri.

 

En décembre 1714, le Roi Louis XIV, dont les Chanoinesses de Denain vénéreront toujours, dans leurs déclarations, la glorieuse mémoire, donne au Chapitre noble, une pension perpétuelle de cinq mille livres de France, pour les dédommager des pertes extrêmes causées par les troupes de Sa Majesté pendant la guerre et surtout lors de la bataille du 14 juillet.

La bataille de Denain n'a pas été sitôt terminée que les paysans se sont remis à la conquête de ce sol momentanément détourné de ses destinées agricoles comme en atteste la relation d'un voyageur venu en 1714 dans la région et qui signe Nomis.